{"product_id":"cahiers-de-voronej","title":"Cahiers de Voronej","description":"En juin 1934, après avoir été envoyé en relégation à Tcherdyn et interdit de\nséjour dans les douze villes les plus importantes de Russie, Mandelstam, en\ncompagnie de son épouse Nadejda, finit par choisir de résider à Voronej, petite\ncité universitaire de province à 500 km au sud de Moscou. Ils sont tous deux en\nmauvaise santé et lui n’a pratiquement plus aucun moyen de subsistance. Il\nparviendra néanmoins à effectuer quelques travaux pour le théâtre de la ville et\nla radio locale. Contraints à de fréquents déménagements, ils vivent presque\ntotalement isolés, ne voyant guère qu’une jeune femme dont ils ont fait la\nconnaissance, Natalia Chtempel, qui a le courage de les fréquenter — et dont\nnous publions en annexe les précieux souvenirs qu’elle a gardés de cette époque\nde la vie du poète. Et cependant, c’est dans ce pays de terre noire, où il y a\ntout de même une petite vie culturelle (des concerts, un cinéma), et où il lui\nreste bien sûr quelques livres (Villon, Dante, Goethe, les poètes espagnols\npoursuivis par l’inquisition et dont il apprend la langue) que va naître une\nexplosion de poèmes magnifiques, qui seront notés dans trois petits cahiers\nd’écolier, d’où leur titre. Ces poèmes reprennent une formule de composition\nutilisée dans les recueils précédents, ils s’ordonnent en suites, en cycles,\nautour d’un même thème ressassé. Ils récitent un journal poétique de l’exil\nintérieur, saturé d’allusions, de citations tacites, de réminiscences, ils sont\nle témoignage d’un poète enterré vivant dont les lèvres murmurent encore, et\ndonnent à entendre une musique du quotidien où l’usure de la vie est comme\naudible, où le moi s’efforce de remonter respirer à la surface. Le poème révèle\nmême ses propres tâtonnements : la recherche d’un parler plus simple, capable de\ntoucher les masses, de les réveiller, la tentation de délaisser la parole\nobscure pour un discours plus aisément compréhensible, afin de renouer ainsi\navec la vieille tradition de la poésie russe. Flotte main- tenant dans l’air que\nrespire le poète, à côté de l’amertume liée au sort que le temps lui impose, le\ndésir de se réfugier aux rivages du Sud, dans les contrées d’autres Colchide ou\nTauride visitées par le rêve. Ainsi mentionne-t-il, en écho au Wilhelm Meister\nde Goethe, la figure de Mignon habitée par la nostalgie du « pays où fleurit le\ncitronnier ». Et, pour marquer encore la coloration sereine de trop fugitifs\nmoments, le tout dernier cycle, hanté par la présence bénéfique de quelque femme\naimée, articule le mot final « promesse ». Mandelstam et Nadejda quittent la\nville le lendemain de la fin de leur relégation, le 16 mai 1937, mais le «\nmiracle » de Voronej aura eu lieu : la centaine de poèmes ici réunis.","brand":"BELLES LETTRES - BLDD S.A.S.","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":56896889586046,"sku":"9782358732024","price":13.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"url":"https:\/\/centralelibrairie.com\/products\/cahiers-de-voronej","provider":"Centrale","version":"1.0","type":"link"}