{"product_id":"membrane-du-veau","title":"Membrane du veau","description":"La membrane du veau est l’enveloppe fœtale qui entoure l’animal à sa naissance,\net qu’il doit percer pour naître. Allégorie magnifique pour un premier livre,\nqui retrace la chronique d’une adolescence incertaine, d’une enfance comme un\nconte nocturne scandinave, plein de nuit, de glace et d’oiseaux qui cognent aux\ncarreaux. Nous sommes dans un univers rural, avec ses animaux, ses watergangs,\nses odeurs de kermesse, son atmosphère religieuse, et le cercueil du frère.\nC’est un livre imprégné de la mélancolie de l’enfance, d’une jeune fille qui\nvoudrait rêver près de quelqu’un, un livre où les êtres « flottent entre fuir et\ndésir d’être vus ». Livre d’une jeune fille qui n’est pas sûre d’être une fille,\nqui voudrait, en écartant « suffisamment les bras », faire sortir la fille\nd’elle-même. Un livre pour se rassembler. On est frappé par la douceur qui émane\nde ces poèmes de l’incertitude qui se présentent comme de longues phrases de\nproses qui ne vont à la ligne que pour devenir un poème, pour s’inventer poèmes.\nRijneveld joue des images avec une profusion saisissante, comme si le livre\nétait tout entier dans la vélocité du regard d’une enfant qui voudrait tout\nvoir, tout embrasser, et qui ressent ce qu’elle ne voit pas. Il en résulte que\nce qui est mouvant, incertain, complexe, fuyant, outré, c’est le monde et pas\nsoi. Souvent la douleur affleure dans la brutalité d’une image. Le temps de s’en\nremettre, le texte est déjà plus loin, grâce à cette capacité de transgression\nde l’espace par les images, une aisance à se projeter plus loin grâce à la\nfulgurance des images. Membrane du veau est mû par le désir d’atteindre l’autre\nrive, « là où le monde était censé commencer pour de bon ». Et cette traversée\npasse par une forme de sensualité dans l’évocation amoureuse, le premier baiser,\nles corps étendus dans l’herbe, plus tard la tendresse d’une tête qui repose sur\nune cuisse, d’une mèche de cheveux replacée derrière l’oreille par des mains\naimantes, que vient aussitôt contraster la dureté d’être une fille, d’avoir un\ncorps de fille « aussi fragile qu’un spaghetti cru », d’être désirée comme une\nfille. Car la traversée vers l’autre rive réside dans cette question du corps\nbloqué dans l’enfance, et comment grandir tout en gardant « l’enfant en soi » ?\nC’est que l’on conserve les enfants pendant 18 ans dans l’utérus familial avant\nde les expulser. Rijneveld écrit ses poèmes pour s’extraire de cette membrane,\nsouffle des bulles de savon où se reflète son visage et quand elles éclatent,\nsonge à toutes ces versions de son existence, et « pas une seule pour perdurer\n». C’est un livre de mue où « la peau tombe tel un costume dominical », écrit au\nféminin par celle qui s’appelait encore Marieke, avant de devenir Lucas – le nom\nque ses parents lui auraient donné si elle était née garçon – par la grâce d’un\ndernier poème poignant de beauté, où tout semble enfin réuni, souffle coupé, le\ntemps d’une danse avec une fille un soir de nouvel an, une cigarette entre les\nlèvres. C’est la force de la poésie de nous faire croire un instant que les\nchoses peuvent être aussi simples, aussi belles, aussi réconciliées.","brand":"BELLES LETTRES - BLDD S.A.S.","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":57079281910142,"sku":"9782877043090","price":18.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"url":"https:\/\/centralelibrairie.com\/products\/membrane-du-veau","provider":"Centrale","version":"1.0","type":"link"}