{"product_id":"non","title":"Non","description":"Idea Vilariño n’a cessé tout au long de sa vie de reconfigurer ses livres,\njusqu’à classer l’ensemble de ses poèmes en trois ensembles : Nocturnes, Poèmes\nd'amour, Pauvre monde. Et un quatrième un peu à part, Non, qui rassemble ses\npoèmes les plus brefs, souvent les plus intenses, qui forme peut-être son\nviatique poétique et qu’elle n’a cessé, comme les autres, de remanier, ajoutant\net retirant des textes, de la première parution du livre en 1980, jusqu’à\nl’édition définitive de 2002. Le recueil se compose de 58 poèmes aussi\nfulgurants que fragiles, dont les dates, de 1951 à 2000, apparaissent comme des\njalons tirés du silence. Ces dates, et l’éloignement, la béance qui parfois les\nsépare, témoignent d’une présence aux aguets, rendue le plus souvent muette par\nla difficulté de vivre, dont le silence n’est brisé de loin en loin que par un\ncri qui atteint son intensité maximale, déchirante. Ces poèmes dont la brièveté\ntémoigne de la conscience de la précarité de vivre, cherchent une solitude\nacceptable, qui ne serait ni « sale » ni souillée, dans un détachement\ndouloureux aux choses. Détachement car Vilariño pressent qu’apprendre à vivre\nc’est apprendre à mourir, et que la mort est une forme de « limpidité », tout en\nposant la question de l’acceptation du jeu de vivre, et avec « quel visage\nrester en vie ». Il y a ici une simplicité désarmante, qui fixe l’existence sans\nillusion, dans une angoisse et une lassitude superbe face au poids trop lourd\ndes jours. Elle écrit comme un jasmin qui tombe, comme un chien qui hurle à sa\nvie trop courte, comme une femme qui regarde dormir son amant au milieu d’une\ninsomnie, comme on fixe le plafond avec de « larges yeux vides », comme un\ndisque qui tourne en silence, déjà oublié. Nous nous asseyons avec la poète sur\nun banc pour regarder le monde indifférent, nous regardons la devanture de la\nvie qui est un magasin de jouet plein de « marionnettes sales », nous voyons\navec elle tomber la pluie depuis tant d’années dans sa « chambre triste », sans\npouvoir l’empêcher de griffer en vain la porte des choses refermées. Et l’on\nsonge soudain à Emily Dickinson qui comme Idea Vilariño regardait elle aussi\nl’infini lui échapper par la fenêtre. Il y a une telle absence, qui va au-delà\nde la solitude, quelque chose qui ne peut se toucher, dans ces fragments\npulvérisés, saillants, tout entiers dans la pointe de leur flèche, « sans centre\n» où se retourner. Une « fugace incandescence » dont l’étrange lumière au milieu\nde la nuit nous arrête net, comme un appel auquel nous aimerions répondre, une\nmain que nous aimerions saisir. Mais elle s’en va, celle qui ne sait pas qui\nelle est, se détourne de nous dans un ultime poème, presque une épitaphe, non\ndaté, ouvert dans l’éternité : « nommer suffit », rappelle-t-elle avant de se\ntaire dans un dernier paradoxe.","brand":"BELLES LETTRES - BLDD S.A.S.","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":58215132692862,"sku":"9782877043199","price":18.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"url":"https:\/\/centralelibrairie.com\/products\/non","provider":"Centrale","version":"1.0","type":"link"}