{"product_id":"pressoir","title":"Pressoir","description":"Seize années séparent la publication d’Essart (Unes, 2021) de celle de Pressoir.\nSeize ans marqués pour Gabriela Mistral par des déchirements collectifs – la\nseconde guerre mondiale – et intimes – le suicide de son fils adoptif Miguel à\nl’âge de 17 ans. C’est pourquoi Pressoir, paru en 1954, dernier livre que\npubliera Mistral avant sa mort trois ans plus tard, est à ce point marqué par la\nséparation et l’arrivée, la construction et la défaite. Sentiment renforcé par\nles errances successives dues à sa fonction de consul. Si la capacité de\ntransfigurer le monde, d’imprégner la terre de sacré et de mythologies qui\nsoulevait les poèmes d’Essart semble avoir disparu de ce livre plus solitaire,\nc’est que la métamorphose est ici plus secrète, plus animale. L’immense\nbestiaire a disparu, il ne reste que la biche et le coyote. Les vallées et les\nfleuves sont loin, il ne reste que les murs de la maison. Livre intérieur, livre\nde portes, de fenêtres et d’escaliers, livre de fer et de ciment : « nous avons\nremplacé l’univers par un mur et une conversation », dit Mistral qui cherche les\nêtres aimés dans le noir d’une vie qui s’en va. La langue et l’espace se sont\nresserrés, les vers raccourcis, les poèmes acérés, leur souffle se fait plus\nbref. Le monde est nu et écorché, plein d’arbres brûlés, « maintenant je vais\napprendre le pays de l’âpreté » dit-elle en glissant d’un poème à l’autre, entre\ndeux buées, semblant s’enfoncer toujours plus loin vers l’autre rive, la rive\ninconnue de la disparition et des retrouvailles rêvées. Mistral convoque toute\nla force du deuil, du souvenir et de l’amour, convoque au fil de poèmes\nbouleversants les visages chers, les dernières promesses de pitaya et de menthe,\nde pain et de sel. Et même si les « fruits sont sans lumière », même si « la\nlumière est malade » et que les regards perdus sont « de pure absence et d’exil\n», la poète chilienne fait là sa dernière ronde avant minuit, son ultime\nvagabondage dans sa terre désolée – « rase patrie, rase poussière » – ¬elle\npuise dans son cœur esseulé et dans le sentiment d’abandon qui l’envahit la\nbeauté d’un dernier chant. La parole est difficile, préservée au creux de la\nmain comme une flamme légère, fragile dans la nuit du givre. Le resserrement de\nla langue n’est pas un tarissement de l’inspiration, des puissances\nexceptionnelles qui traversaient ses précédents livres, mais « un rêve qui\nchemine », une réduction du poème à son seul espace possible dans un monde qui\nse referme. Réduction à l’essentiel d’une parole rare dont Gabriela Mistral,\ndanseuse qui danse « la danse de la perte », préserve et transporte la lumière\npour transmettre son dernier message terrestre avant la nuit.","brand":"BELLES LETTRES - BLDD S.A.S.","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":56252754493822,"sku":"9782877042659","price":23.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0899\/6274\/2142\/files\/p6gw0fhyJhe8dJjmQFLl-KkpBld2UXCiTjNTEvTN9OBMzJUUPDrhgg-cover-large.jpg?v=1757932087","url":"https:\/\/centralelibrairie.com\/products\/pressoir","provider":"Centrale","version":"1.0","type":"link"}