{"product_id":"sur-la-langue-philosophique","title":"Sur la langue philosophique","description":"Quelle langue pour la philosophie ? La distinction, voire l’opposition,\ndiscutable en elle-même, entre langue ésotérique et langue exotérique se décline\nde bien des façons : les philosophes appartiennent-ils à une caste privilégiée\nqui leur imposerait un sabir ou un jargon technique préservant leurs secrets ?\nDe quoi se protègeraient-ils ? Comment conjuguer vérité et démocratie ? Car si\nl’on sait la vérité mise en péril dans les dictatures, le pluralisme autorisé ou\nprescrit par la démocratie ne fait-il pas courir à la vérité le risque de se\nfondre dans le registre de l’opinion ? Faut-il se soucier d’une vulgarisation\nqui porterait son inévitable lot de condescendance ? Quand ne pas s’en soucier\nlaisserait un vide pour les simplificateurs et les marchands d’opium…\n\nPour avoir été traversé par cette question et avoir opéré lui-même une\nrévolution par le refus d’un formalisme académique dans laquelle il a pourtant\ngrandi et évolué, Günther Anders sait qu’il n’existe pas de réponse simple,\névidente, au choix d’une langue. S’il s’est écarté de la carrière universitaire,\nsans renoncer en rien pour autant à la rigueur, ce fut pour décider d’empoigner\ndes questions de et pour son temps. On mesure à travers ces textes sur\nl’expression de la pensée philosophique que ce choix ne s’est pas fait aisément\net qu’il est le fruit tant d’une nécessité intérieure que des enjeux d’une\népoque. L’analogie qu’Anders explore avec les questions rencontrées aujourd’hui\npar le poète est sur ce point remarquablement éclairante.\n\nLes textes assemblés ici témoignent directement de cette recherche et de la\nsingularité de la réponse andersienne : dialogues fictifs et mise en scène\ntroublent le jeu. Sur cette scène des personnages apparaissent. Et s’il est très\nexplicitement question des options d’Heidegger quant à la langue, la figure\nd’Adorno n’est pas loin, avec laquelle les comptes, on le devine, demeurent en\nsuspens.\n\n\n\n*\n\n« Nous avons donc trouvé un troisième style dans la poésie. Il me semble que\nnotre tâche consiste à trouver quelque chose d’équivalent en philosophie. Par\npitié, pas une imitation directe de Kafka ou de Brecht. Mais en tout cas une\ntentative pour trouver un ton direct. Un ton qui se tient autant à distance du\nlangage courant dépravé que du langage technique élevé. Si cette tentative\nréussit, alors nous aurons fait un grand pas. Qu’on nomme encore ou non cette\ntentative “philosophie”, quelle importance ? À propos de Whitman ou de Brecht,\non a aussi douté que leur œuvre était de la “poésie”, on a dit que le premier\nécrivait des hymnes religieux, et qualifié le second de didacticien. Et\naujourd’hui, sait-on si les ponts sont des oeuvres d’art ou bien des équipements\ntechniques ? Les questions de classification ne devraient jamais nous faire\npeur. Si les choses réussissent, elles contribueront d’elles-mêmes à modifier\naprès-coup les classifications. » G.A.","brand":"BELLES LETTRES - BLDD S.A.S.","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":56896890405246,"sku":"9782385730437","price":17.5,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"url":"https:\/\/centralelibrairie.com\/products\/sur-la-langue-philosophique","provider":"Centrale","version":"1.0","type":"link"}