Texte intime relatant l’expérience vécue d’une forme de maltraitance du corps
féminin, Trouée tente de dépasser dans le même temps, qui est un temps infini et
indéfini, cette intimité pour en faire une expérience au visage de toutes.
Trouée de son moi pour un « tu » d’une humanité sans limites faisant corps face
à une violence sans limites. Trouée vers une image d’envol pour respirer dans
une dernière vision quand le cou étranglé ne sent qu’un filet d’air. Trouée que
seul rend possible le langage poétique, ses rythmes, ses traces et ses signes,
pour formuler cet indicible, dans un chant coupé, sur le papier couché comme un
corps sur le plancher.