Le 7 décembre 2025, devant un parterre d'invités réunis à l'Académie suédoise,
László Krasznahorkai prononce son discours de réception du prix Nobel, attribué
quelques mois auparavant "pour son oeuvre fascinante et visionnaire qui, au
milieu d'une terreur apocalyptique, réa.rme le pouvoir de l'art". Dans un texte
qu'il voulait à l'origine, nous dit l'auteur, consacrer à l'espoir,
Krasznahorkai décrit les anges qui l'entourent, ceux d'autrefois et ceux
d'aujourd'hui, qui peuvent se loger, sans aile ni auréole, dans le corps d'un
passant ou d'un clochard sur le quai d'un métro à Berlin. Partant d'une anecdote
que tant d'autres auraient pu oublier, le grand écrivain hongrois nous invite à
réfléchir avec lui sur le monde qui est le nôtre et la façon dont l'humanité
l'habite. Ce discours du Nobel nous offre un condensé époustouflant de
l'esthétique de László Krasznahorkai, oscillant entre noirceur et rébellion, et
affirmant plus que jamais le pouvoir de la littérature, capable de faire se
rencontrer les êtres en dépit de tout ce qui les sépare.