L’écriture et la différence Ce qui s’écrit ici différence marque l’étrange
mouvement, l’unité irréductiblement impure d’un différer (détour, délai,
délégation, division, inégalité, espacement) dont l’ économie excède les
ressources déclarées du logos classique. C’est ce mouvement qui donne une unité
aux essais ici enchaînés. Qu’ils questionnent l’écriture littéraire ou le motif
structuraliste (dans les champs de la critique, des « sciences de l’homme » ou
de la philosophie), que par une lecture configurante ils en appellent à
Nietzsche ou à Freud, à Husserl ou à Heidegger, à Artaud, Bataille, Blanchot,
Foucault, Jabès, Lévinas, ils n’ont qu’un lieud’insistance : le point
d’articulation dérobée entre l’écriture et la différence. À peser sur cette
articulation, ils tentent de déplacer les deux termes. Jacques Derrida
(1930-2004) Philosophe majeur du XXe siècle, initiateur de la « déconstruction
», il est l’auteur d’une œuvre considérable, dont, publiés au Seuil, La
Dissémination (1972), Signéponge (1988) et Foi et savoir (2001).