Ce sont les derniers mots, les deux derniers recueils de la poétesse finlandaise
Eeva-Liisa Manner, dont l’œuvre s’aperçoit ici de façon inédite en langue
française, à l’horizon fuyant de son propre achèvement.
Infinie poésie des temps de neige, refusée matériellement à toute éternité et
relancée à chaque stase, à chaque givre, à chaque saison. Ce sont les sols, les
lacs, les êtres, les morts, les morceaux de réel et de rêves dits dans la langue
natale, le finnois, puis exposés progressivement, intimement, aux langues sans
bords de la poésie mondiale (Caváfis, Pound, Tranströmer...)
Ici étranger et ailleurs familier, d’un même mouvement géographique qui fait
aller la plus légère des voiles sur la plus morte des eaux, la beauté n’y est
pas sans la brisure qu’elle appelle. Le rêve intime d’un paysage où connaitre le
bonheur sans le cauchemar historique. La littérature sans la question politique
qu’elle ne cesse pas d’être.
Autrice de poèmes non seulement mais de romans, de théâtre, critique et
essayiste, traductrice, Eeva-Liisa Manner est née en 1921 à Helsinki et morte en
1995 à Tampere.