Lente approche du ciel C'est lui, ce ciel d'hiver illimité, fragile, Où les mots
ont la transparence et la délicatesse du givre, Et la peau froide enfin son
ancien parfum de forêt, C'est lui qui nous contient, qui est notre exacte
demeure. Et nous posons des doigts plus fins sur l'horizon, Dans la cendre bleue
des villages. Est-il un seul mur et sa mousse, un seul jardin, Un seul fil du
silence où le temps resplendit Avec l'éclat méditatif de la première neige,
Est-il un seul caillou qui ne nous soient connus ? Ô juste courbure du ciel, tu
réponds à nos coeurs Qui parfois sont limpides. Alors, Celle qui marche à pas
légers derrière chaque haie S'approche ; elle est l'approche incessante de
l'étendue, Et sa douceur va nous saisir. Mais nous pouvons attendre, Ici, dans
la clarté qui déjà nous unit, enveloppés De notre vie ainsi que d'une
éblouissante fourrure.