Cette publication sur Richard Martel propose de relier la pratique et à la
théorique, d'abord par une sélection des activités, comme interventions dans
diverses situations où le corps est en implication de diverses manières, en solo
comme en complicités. Des trois cents prestations dans une quarantaine de pays,
on a retenu que l'essentiel qui témoigne de l'art et de la poésie en actes comme
puissance performative, dans divers contextes. De courts commentaires sont
rédigés pour mieux saisir l'originalité et l'éclectisme des propositions, leur
engagement et leur variété.
La sélection témoigne de la situation de l'art et de la poésie comme actes,
souvent lors de festivals et de rencontres diverses ayant eu lieu entre 1980 et
les années 2020. C'est aussi un témoignage qu'il n'y a d'art qu'actuel, au sens
de l'acte. Aussi quelques textes sont ici publiés ou republiés en tenant compte
des divers orientations dans l'alternative, surtout comme investigation et
production langagière. Les notions comme la périphérie, la méthode, le réseau,
le risque, la position alchimique, le contexte, la relation sont une occasion de
considérer le processus de l'art comme création au delà de l'activité visant la
production d'objets. C'est un désir de création qui ne s'implique plus
strictement au niveau de sa production, mais envisage le pouvoir de l'art et de
la poésie comme la création de nouveaux rapports où le contexte est souvent
déterminant, comme un art d'action et d'action par l'art.
Il n'y a d'art qu'actuel justement par le pouvoir de la création où les limites
sont transgressées en offrant des alternatives au contrôle institutionnel. Cette
sélection de textes, plus ou moins présentée chronologiquement, offre des
réponses aux conditionnements et c'est l'occasion pour le performatif d'agir
comme un dégagement des structures conventionnelles. C'est une occasion
d'échanges et de transformations.