Ce texte d’une grande force présente un intérêt éditorial particulier.
Conférence tenue à Berlin en 1983 pour la commémoration du grand autodafé nazi
de mai 1933, il se révèle d’une extrême actualité politique : il permet, en
effet, de penser de manière différenciée les multiples formes de censure du
livre, depuis les attaques du trumpisme contre le discours scientifique
jusqu’aux diverses variantes de ce que d’aucuns nomment la cancel culture.
Löwenthal propose une réflexion dense sur la destruction des livres comme
phénomène historique et symbolique, de l’Antiquité aux autodafés contemporains.
Structurant efficacement son propos (1. effacement de l’histoire 2. purification
idéologique 3. liquidation du sujet), il mobilise des références littéraires et
philosophiques éloquentes et accessibles au grand public (Heine, Shakespeare,
Goethe, Borges, Bradbury…). Car brûler des livres n’est jamais un acte isolé :
c’est une tentative de contrôler la mémoire, d’effacer l’histoire et de
supprimer l’autonomie intellectuelle. Inédit en français