Bardo solo est l'une des composantes de Retour au goudron, l'ultime performance
littéraire du post-exotisme. Bardo, parce que c'est ainsi que se nomme le monde
flottant où le décédé chemine quarante-neuf jours avant de renaître, assailli
par des visions, des souvenirs et des rêves. Solo, parce que cette longue marche
s'effectue sans compagnon ni compagne. Ici, Infernus Iohannes choisit de mettre
en scène cette déconcertante épreuve. Il imagine un spectateur assistant à
quarante-neuf saynètes successives, parcourant une mort devenue théâtre, avec
des comédiens et des comédiennes qui ne tiennent pas compte de lui, ou parfois
s'adressent à lui sans attendre qu'il réponde.
Retour au goudron est un objet inclassable, composé de 343 cahiers bardiques aux
rubriques régulières, à l'intérieur desquels figurent mille et une photographies
d'un lieu désormais fantôme - le port intérieur de Macau -, et aussi,
naturellement, de nombreux textes inédits, qui aujourd'hui font l'objet d'une
publication en onze volumes parus simultanément chez des éditeurs différents.
Ainsi, sous la signature du collectif Infernus Iohannes, se clôt l'édifice du
post-exotisme, dont Antoine Volodine a longtemps été le porte-parole.