Ce troisième et dernier volume des Souvenirs de Nadejda Mandelstam s'ouvre sur
l'exposé de l'art poétique de Mandelstam, et l'analyse de ses poèmes montre le
processus de leur gestation. Il y est aussi largement question du "Prologue"
d'Akhmatova, pièce que celle-ci dut détruire pendant les années de terreur et
qu'elle essaya en vain de reconstituer ; du poète symboliste Viatcheslav Ivanov
et de sa cour ; de la genèse du "Bruit du temps" de Mandelstam ; des relations
entre Mandelstam et Marina Tsvétaïéva ; de sa premier rencontre avec Akhmatova ;
de la philosophie de Vladimir Soloviev et de maints autres écrivains
contemporains de Mandelstam. En sorte que le lecteur peut lire de deux manières
ces trois volumes - comme la présentation la plus complète de la vie et de
l'oeuvre de celui qui est unanimement tenu pour le plus grand poète russe du XXᵉ
siècle ; mais, au-delà de son cas, comme l'implacable description de l'asphyxie,
plus ou moins lente, de la culture russe, et le maintien, de ce qu'elle a de
meilleur chez quelques-uns, apparemment contre tout espoir.