Face à des sciences qui ont le privilège de découvrir de nouveaux faits, la
philosophie est-elle condamnée à interpréter interminablement le réel, ou bien à
s’adonner sans frein à une métaphysique déconnectée des percées de la
connaissance positive ? Certains considèrent que le temps est venu pour elle de
dire adieu aux faits, qui ne lui appartiennent pas ; et qu'elle doit désormais
embrasser résolument les puissances de la fiction.
Confrontés à ce défi, les auteurs des contributions réunies dans ce numéro
plaident pour une philosophie qui sache maintenir une réflexivité critique.
Aucun instrument théorique ne saurait constituer une panacée universelle. Même
la prétendue méthode philosophique n’est peut-être, après tout, qu’une autre
fiction utile.