des errantes tissent des liens physiques, psychiques et temporels entre les
personnes et leurs milieux, ou leurs « non-milieux » où elles ont atterri. Par
une écriture poétique mêlant géologie et gériatrie, l’autrice donne à voir
l’errance des personnes âgées rencontrées pendant dix mois en résidence
d’écrivain Île-de-France à l’hôpital en les comparant à ces roches perdues,
appelées blocs erratiques ou pierres errantes. Témoins des temps, des
changements climatiques, ces blocs de pierre déplacés font écho aux
« innom-mé(e)s » pris dans la perte de leurs repères mémoriels et
géographiques. Des « dessouvenus » aux échoués, des égarés aux « dérangés »,
des errantes se veut un territoire d’accueil de tout cela en marge.