Tu as levé les yeux et vu JupiterTrônant à la cime du pin géant.Et puis tu as
baissé les yeux et vuMon fauteuil vide se balancer au vent sous le porche
solitaire.Courage, mon amour.
Edgar Lee MastersPour retrouver tous les volumes de la série Poésie
Magique,.cliquez iciEdgar Lee Masters (1868-1950), élevé dans l’Ouest à l’époque
des dernières guerres indiennes, mais grand lecteur d’Ovide et d’Anacréon, nous
a laissé ce recueil de poèmes (1915), constamment réédité outre-Atlantique, qui
fait entendre la chanson grinçante, désenchantée, des rêves inaboutis.Un
cimetière au bord d’une rivière de l’immense Prairie. 244 tombes. 244 épitaphes
qui racontent l’histoire d’un bourg, de ses habitants — et de leurs ambitions
déçues. Chacun y va de son couplet rageur, mélancolique ou futile : forgerons,
arracheurs de dents, pécheurs et pasteurs, punaises de sacristies et franches
traînées, rescapés du grand rush vers l’Ouest, soûlards et abstinents, fermiers
et trimardeurs, spoliateurs et spoliés, tous bernés par leurs semblables, et
plus encore par l’histoire.Où la poésie rivalise avec le roman pour célébrer ce
qui reste d’humanité après les désastres.