Rebecca Elson transformait la matière noire de ses recherches d’astrophysique
en une poétique du mystère, et en une dissection sensible de l’énigme
universelle d’une mort que, très tôt, elle a su pour elle imminente. Dans ses
textes, elle tente de comprendre la relation entre sa vocation scientifique et
celle de poète. La poésie de Rebecca Elson touche à la fragilité de la vie,
à la nature de l’ignorance humaine devant le monde, à la solitude de l’être
à l’orée des questions sans réponses. Travaillés par les images et les
sonorités, la quête d’une forme d’immédiateté dépouillée, délicate, et un
absolu questionnement, inséparable de l’enfance, portés aussi par un sens aigu
du rythme, ces textes tantôt quotidiens, tantôt poignants, tantôt perplexes,
tantôt arpenteurs du monde ou funambules du ciel, et tout cela ensemble,
cherchent à pénétrer le noir intraduisible. Et comme les ossements ancestraux
de ces antidotes à la peur qui viennent clore avec une grâce bouleversante le
recueil, ses poèmes, les uns après les autres, semblent bien s’envoler, à
tire d’ailes brillantes.