Le retour de François & Valentin Morel après le succès de leur Dictionnaire
amoureux de l'inutile. Un sujet essentiel et fédérateur, traité avec humour et
émotion, la marque de fabrique des Morel !
" Pour exprimer notre reconnaissance, notre gratitude, pour lui dire qu'elle est
précieuse, indispensable, salutaire, on aurait envie de construire un monument à
l'amitié. Mais on n'est pas bâtisseur, on n'en n'a pas les capacités. Alors on a
tenté d'écrire un livre qui musarde, qui s'amuse, qui traînasse, qui baguenaude,
qui flâne dans les allées de l'amitié, sans aucune obligation parce que l'amitié
n'est jamais impérieuse, jamais pressante, jamais autoritaire, un livre qui se
promènerait, le nez en l'air, cheveux au vent, sur les chemins de l'amitié.
Quand tout inquiète, quand tout angoisse, anéantit, désole, quand tout
s'envenime, s'exaspère, se mortifie, quand tout se confond, se brouille, se
corrompt, quand tout s'aggrave, s'appesantit, se complique, quand tout afflige,
attriste, accable, quand le monde semble partir à la dérive, entraîné par des
dirigeants délirants, furieux, enragés, quand les certitudes vacillent, quand le
doute paralyse, quand le monde est à feu et à sang, quand la planète brûle,
quand les amours ont la réputation d'être éphémères, quand l'enfance s'éloigne,
quand la maladie guette, quand la vieillesse est aux aguets, quand la bêtise, la
guerre, la folie partout dans le monde semblent vouloir gagner la partie, quand
la connerie s'impose, quand tout semble partir à vau-l'eau, quand tout tombe en
quenouille, quand tout part en couille, quand les plombs sautent, quand les
toilettes sont bouchées, quand la voiture tombe en panne, quand on reçoit le
même jour une lettre de licenciement, un courrier de mise en demeure de
l'URSSAF, une demande de rançon, on ne serait pas loin de céder à un léger
découragement. Heureusement, il reste un sentiment qui rassure, console,
soulage, un sentiment qui réconforte, adoucit, apaise, donne du courage, un
sentiment qui met du baume au cœur et du cœur à l'ouvrage, permet de se
ressaisir, de se raccrocher aux branches, qui laisse apparaitre un coin de ciel
bleu derrière les nuages. Heureusement, il reste un sentiment qui est une
lumière dans l'opacité, un phare dans la nuit, une lueur dans les abysses, un
point de repère dans la bourrasque, un amer sur l'océan terrifiant de la
confusion, du renoncement, du découragement et c e sentiment s'appelle l'amitié
."