Quelque chose se passe au XVIIIe siècle qui permet au peuple d’exister en
politique. Le goût pour l’information, la curiosité publique se développent dans
un espace urbain qui met les individus en position de « savoir sur l’autre ». Le
public vit entre le vrai et le faux, l’information et le secret, la rumeur et la
publicité, le possible et l’invérifiable ; ses incertitudes, aiguisées par les
manipulations politiques et policières, renforcent encore sa soif de savoir. Car
le menu peuple veut connaître les ressorts qui animent les rumeurs sur
l’assassinat du roi, ou encore les affaires du diables, de poisons, d’alchimie
et d’autres magies. Dans ce livre, Arlette Farge montre comment se construit une
parole publique que les autorités craignent, pourchassent et incitent tout à la
fois. Elle observe quelles sont les tactiques d’approche de la chose publique
pour ceux qui en sont les exclus. Avec Dire et mal dire, Arlette Farge nous
donne un livre sur un sujet inédit qu’elle déchiffre dans les archives :
l’opinion publique au XVIIIe siècle.