Théoricien de la critique de la vie quotidienne, Henri Lefebvre, s’intéresse
aussi bien aux habitudes, à la routine, aux rites calendaires qu’aux rythmes
individuels et sociaux, qui donnent à chacun, comme à toute société, son tempo.
L’ordinaire entrelace mille et un rythmes et combine aussi bien des moments
répétitifs, comme dans l’usine taylorisée, que des ruptures festives ou
cultuelles. Avec l’urbanisation les temporalités se modifient, le temps vécu se
distingue à la fois du temps représenté et du temps rêvé. Pas de territorialité
sans ses temporalités, d’où une rythmanalyse que Bachelard avait esquissée et
que Lefebvre commence à théoriser. Publiés en 1992, ces Éléments de
rythmanalyse. Introduction à la connaissance des rythmes, avec une préface de
René Lourau et en annexe « Essai de rythmanalyse des villes méditerranéennes »,
rédigé avec Catherine Régulier, sont ici complétée de trois articles : « Musique
et sémiologie » (1971), « La musique et la ville » (1976) et « Le projet
rythmanalytique » (avec Catherine Régulier, 1985). Cet ensemble de textes
constitue un précieux et indispensable corpus lefebvrien pour qui souhaite, non
seulement approfondir sa connaissance d’un penseur exceptionnel, mais aussi
prolonger ses réflexions sur les rythmes.