Le premier livre d’Olivier Mellano La Funghimiracolette (MF, 2008) inventait une
musique imaginaire ne pouvant exister que par les mots. Ces constructions
sonores mentales ouvraient dans son écriture cet état « au-delà du langage » à
l’oeuvre dans la musique. Son nouveau livre, Exprosion / Improsion, commence
comme un jeu de rôle en posant le lecteur dans un océan de vide, dans le noir
absolu, préalable à la naissance des formes fantastiques par lesquelles une
prose libérée va s’épanouir. Un sens, d’abord ténu, puis de plus en plus
impérieux guidera ce voyage, du paysage vers l’idée, de la contemplation vers la
vision, du vide vers une célébration de la pensée. Ce texte est composé de deux
parties, parallèles et conver- gentes, chaque paragraphe ayant, en miroir, son
jumeau inversé. Improsion part de l’extérieur le plus lointain vers une
résolution nichée au centre. Exprosion prend le chemin inverse, de l’intérieur
le plus enfoui vers un infini débordant. Ces deux chemins sont faits de jeux et
de digressions, ils traversent les champs des mathématiques, de la musique, de
la philosophie, de la physique quantique ou de l’histoire. Ils arpentent le
mystère du langage, traversent des mondes intérieurs et le cosmos, les gouffres
et les cîmes, croisent un accordeur de roman, des créatures flottantes dans
l’envers d’un théâtre, des clowns sacrés, la mort et la lumière, des épiphanies,
un rêve et une apocalypse.