Ces Feuilles de langues romanes sont tirées d’un cahier retrouvé dans une malle
en 1976 parmi d’autres manuscrits inédits de Pier Paolo Pasolini. Le projet date
sans doute de 1945, trois ans après la publication de son premier recueil, en
frioulan, Poèmes à Casarsa. Il s’agit de douze brefs poèmes en « espagnol »,
avec des traductions, en italien et en prose, reportées à la fin, comme dans les
recueils frioulans. La « langue » de ces douze étranges poèmes – qui fera
sourire ou rire ou froncer les sourcils d’un lecteur espagnol – invalide toute
forme d’identification des fautes et des limites, ne s’autorisant que du
dictionnaire et des poèmes admirés par Pasolini, ceux de Jiménez, de Machado, de
Lorca, du « romancero » populaire espagnol. Nous donnons aujourd'hui la première
traduction française de ces Feuilles en proposant un insolite et intriguant
volume trilingue.