Gaspard de la NuitSpleen de ParisGaspard de la NuitEdition de Jean-Luc Steinmetz
En 1842, un an après la mort de son discret auteur, la première édition dene
rencontre guère que le silence : vingt exemplaires à peine en sont vendus. Et il
est vrai que les premiers lecteurs étaient sans doute mal préparés à la
découverte de ce recueil de courtes « fantaisies à la manière de Rembrandt et de
Callot » qui offraient à la fois l'apparence de la prose et la réalité d'une
pure écriture poétique.Il faudra attendre Baudelaire pour que le poème en prose
soit reconnu, et c'est justement l'auteur duqui fera découvrir à un public plus
large ce « fameux» grâce auquel l'idée lui est venue à son tour de « tenter
quelque chose d'analogue ». D'analogue ? Rien n'est moins sûr car si les pièces
de Baudelaire s'attachent à la vie moderne, celles de Bertrand nous proposent la
peinture de la vie ancienne. Et ce sont bien deux naissances successives du
poème en prose.