Marguerite d'Angoulême, duchesse d'Alençon puis reine de Navarre, nous a laissé
un recueil de soixante-douze nouvelles qui devaient composer un Décaméron
français. Dans cette suite d'histoires le plus souvent joyeuses, parfois aussi
sérieuses, ce ne sont que mauvais tours joués par les femmes à leurs maris, ou
l'inverse, entreprises déloyales de moines paillards et roueries de religieuses
alertes, où la vertu tient autant de place que la gaillardise. Mais ces contes,
composant l'une des grandes oeuvres de la littérature française, ne sont pas que
pure gauloiserie. Derrière la satire, Marguerite de Navarre dénonce
l'intolérance d'un monde brutal, les mensonges et l'hypocrisie des rapports
entre hommes et femmes.