II ne s'agit pas ici d'une succession d'exposés dogmatiques, mais d'un véritable
dialogue dont la tension est assurée par la divergence des perspectives
d'interprétation de Heidegger et de Fink. L'interrogation de Heidegger reste
axée sur le logos et l'aléthéia, qui donnaient déjà leur titre et leur thème aux
deux célèbres études sur Héraclite recueillies dans Essais et conférences. Fink,
de son côté, propose un point de départ "cosmologique" et élucide la pensée
héraclitéenne de l'"un-tout" à travers une approche du "feu" et des antagonismes
au centre desquels se trouve le "feu". Mais cette divergence se produit au sein
d'une communauté d'horizon : la reconnaissance de l'"achèvement" de la
métaphysique. Cette reconnaissance donne leur plein sens aux pages qui, dans ce
livre, entament un débat critique avec la dialectique de Hegel et la
phénoménologie de Husserl et s'efforcent de relever le "prodigieux défi" que
constitue l'emprise initiale de la pensée grecque.