On raconte que vivait à Bagdad une certaine Dalila, experte en roueries,
artifices, larcins et fourberies, capable d’embobiner un serpent pour l’attirer
hors de son repaire, ou de donner à Éblis, l’esprit du mal lui-même, des leçons
de ruse et de tromperie. Sa fille Zeinab n’était pas en reste, faisant passer
Ali Vif-Argent par tous les cercles de l’enfer avant de le laisser obtenir sa
main.
Voici leur histoire, telle que la raconte Schahrazade lors de ces fameuses
Mille et Une Nuits…
Ayant perdu confiance en toute femme depuis l’in-fidélité de son épouse, le
sultan Shahriar fait exécuter chaque matin sa compagne de la veille. Schahrazade
se porte volontaire pour mettre fin à cette abomina-tion. Nuit après nuit, elle
raconte des histoires qu’elle interrompt lorsque le jour paraît, laissant le
sultan sur sa faim et reportant toujours la sentence…
Les Mille et Une Nuits portent l’art du conte à son apogée, chatoyant,
érotique, souvent moqueur – où la femme souvent parvient à ses fins.