Romance hantée par ses propres personnages, Hurlevent carcasse est un récit
choral, qui amplifie les résonances du roman d’Emily Brontë pour faire retentir
leur puissante modernité. Ouvrage majeur du romantisme européen, écrit sous
pseudonyme masculin, Les Hauts de Hurvelent s’impose comme un livre sur la
passion amoureuse, la vengeance et la folie, un roman furieux et cruel, bientôt
considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature britannique du XIXesiècle.
Dans Hurlevent carcasse s’entrelacent des voix, des déclarations d’amour et de
désespoir jetées au vent acariâtre de la lande, à partir d’éléments
biographiques et inspirés de la personnalité impétueuse d’Emily, qui vivait
recluse dans la maison familiale du Yorkshire, où les sœurs Brontë passèrent
leur enfance.
Claudine Galea aiguise à l’os le récit d’amour fusionnel et de haine fatale, que
prennent en charge les différentes voix, fait parler « la lande » et « la rumeur
», révèle les rapports de force de cette fiction de l’époque victorienne,
l’histoire d’amour entre Cathy et Heathcliff, l’enfant bohémien acheté par son
père à Liverpool, une histoire de passion débordante et interdite, de mépris de
classe et de haine de soi.