« Je pense que les temps qui viennent vont être difficiles pour ceux qui
voudront entendre les voix d’écrivains qui pourront voir des alternatives à la
façon dont nous vivons aujourd’hui et, à travers notre société frappée par la
peur et ses technologies obsessionnelles, voir aussi d’autres manières d’être et
imaginer de véritables raisons d’espérer. Nous aurons besoin d’écrivains qui se
souviendront de, et nous rappelleront, la liberté. Poètes, visionnaires – les
réalistes d’une réalité plus vaste. »
Dans ce nouveau volume d’essais et de conférences d’Ursula K. Le Guin, on trouve
des îles inexplorées ou imaginaires, des oncles papago et yurok, des
bibliothèques et des danseurs, des chats et des viscaques, Ishi et Jorge Luis
Borges, Virginia Woolf, Mark Twain, Jane Austen, Léon Tolstoï ou Cordwainer
Smith, enfants dissipés et vieilles espiègles, collectionneurs, rimailleurs,
personnages en tout genre, dans un ordre compliqué qui suit les seules
aspirations d’une pensée pleinement libre et singulière, refusant les
catégories, enjambant les frontières et dessinant la carte d’un monde où la
fiction et la fantaisie révèlent l’intelligence des choses.
Ursula K. Le Guin (1929-2018) est l’auteur de nombreux romans, dont les grands
cycles de -Terremer et de l’Ekumen, pour lesquels il a reçu de nombreux prix
littéraires. Fille de Theodora et ¬d’Alfred L. Kroeber, à qui elle rend hommage
dans ce volume, son œuvre pourrait se définir comme l’«anthropologie imaginaire
» d’un monde à venir. Un précédent volume d’essais a paru dans cette même
collection en 2020, sous le titre Danser au bord du monde. Mots, femmes,
territoires, traduit par Hélène Collon et préfacé par Patricia Farazzi.