Mot espagnol sans équivalent français, le “duende” dérive de l’expression :
“dueño de la casa” (maître de la maison). Le duende serait un esprit qui, dans
la tradition populaire, viendrait déranger l’intimité des foyers. En Andalousie,
il désigne “un charme mystérieux et indicible”, rencontré dans les moments de
grâce du flamenco, proches de scènes d’envoûtement. Ces significations se
rejoignent dans l’évocation d’une présence magique ou surnaturelle. Là où le
duende s’incarne, les notions d’intérieur et d’extérieur n’ont plus lieu d’être.
Si le duende est universel et concerne tous les arts, c’est dans la musique, la
danse et la poésie orale qu’il s'exprime, puisque ces arts nécessitent un
interprète. Le duende n’existe pas sans un corps à habiter.