"L’Arachnéen" (1981) est un essai sur le thème du réseau. Deligny vit alors dans
les Cévennes, où il a créé un ensemble de lieux de prise en charge informelle
d’enfants autistes. Qu’est-ce qu’un espace perçu hors langage ? Quelle est la
forme d’un déplacement sans but ? Comment exister aux yeux de ceux qui ne nous
regardent pas ? Telles sont quelques-unes des questions soulevées par des
enfants qui ne parlent pas, vibrent aux éclats de l’eau et attrapent les guêpes
par les ailes sans les blesser. La seconde partie de l’ouvrage, intitulée "Quand
le bonhomme n’y est pas", ouvre une perspective inattendue sur les liens entre
son approche respectueuse, non invasive, sans interprétation ni "interpellation"
de l’autisme, et la psychanalyse ; entre l’espace-temps silencieux des aires de
séjour, ouvert à l’agir et aux "circonstances", et la séance psychanalytique
censée accueillir l’"inouï". Deligny invite ici la pensée de Lacan, et leur
commune acception d’un réel hors langage.