Peu après l’armistice, Giulio Camber Barni (1891-1941) fait paraître en revue
l’œuvre poétique italienne la plus significative de la Première Guerre mondiale
: La Buffa, du nom alors donnée à l’infanterie transalpine. Cet avocat,
républicain, irrédentiste et volontaire, écrit dans les tranchées, à tu et à toi
avec la mort, une épopée bouleversante d’humanité, témoignant de l’engagement de
simples soldats, mais aussi de leurs peurs, de leurs doutes et d’une fraternité
avec l’ennemi, si près. Son réalisme, âpre, sans ornement, sans concession sur
les atrocités de la guerre, s’oppose à la rhétorique héroïque des fascistes, qui
en censureront la réédition.