C’est en exil au Brésil que Georges Bernanos écrit La France contre les robots,
anticipant la fin de la guerre et les illusions à venir. À ses yeux, les
totalitarismes et la guerre qui en a découlé n’étaient que les symptômes d’un
monde profondément malade.
Ce mal, qui prolifère sous l’étendard trompeur du progrès et de la raison, est
“une conspiration contre toute espèce de vie intérieure”, le règne de l’argent
et de la technique. La “Civilisation des Machines” régente les rapports humains
et vide petit à petit l’homme de sa substance, ne laissant derrière elle que des
masses irresponsables et serviles.
Bernanos s’en prend aux compromissions de tous bords. Il livre un texte
remarquable de clairvoyance, au style saisissant, drôle et véhément, lyrique et
visionnaire.