La joie de l’ennemiAu fond de sa cabane, Jeffrey tire sur ses
chaînes comme un animal en cage, un loup sous codéine. Livré
à ses addictions et ses hantises, il tente d’assembler les
fragments douloureux de son passé, mais les séances
d’insulinothérapie que ses parents lui ont imposées dans sa
jeunesse ont fait de sa mémoire un champ de ruines. Il n’a
qu’un seul ami, Seymour, un cow-boy Noir et taiseux, avec qui il aime
chevaucher au milieu de paysages grandioses, renouant avec une liberté
sauvage. Mais cette fraternité ne suffit pas à repousser les
assauts de l’ennemi tapi dans sa cervelle qui se réjouit de sa
déchéance. Jeffrey a aimé autrefois Kathleen, une femme
solaire et pleine de compassion. Une nuit, elle est partie, ne pouvant plus
supporter ses dérives narcotiques et ses non-dits. Mais Kathleen
l’a-t-elle vraiment quitté ? Incapable de distinguer le
cauchemar de la réalité, dévoré par la
culpabilité, Jeffrey se lance dans une quête
désespérée, reconstituant un crime qu’il n’est
pas sûr d’avoir commis.Un environnement impitoyable
gangréné par la corruption et le vice, une nature somptueuse et
indomptée traversée au triple galop, une violence
paroxystique : le roman emprunte aux codes du western pour interroger la
masculinité, cette drogue à la fois euphorisante et
toxique. Librement inspiré de l’œuvre de Townes Van
Zandt, le barde maudit de la musique country, imprégné de
poésie biblique,est une ballade crépusculaire, l’exploration
fiévreuse d’un lointain intérieur.