Dans La maladie comme métaphore, à partir de métaphores suscitées par le cancer,
Susan Sontag analyse aussi bien les sources médicales et psychiatriques que les
textes littéraires, de l'Antiquité aux temps modernes, de Keats à Dickens,
Baudelaire, James, Mann, Joyce, Mansfield et Auden. Elle démystifie les
fantasmes idéologiques qui démonisent certaines maladies et, par extension,
culpabilisent les malades. Dans un second essai, écrit dix ans plus tard, Susan
Sontag souligne à quel point le sida a réactivé le spectre de l'épidémie dont le
monde moderne se croyait débarrassé. Certains en font la " peste " de notre
temps, le châtiment infligé par Dieu aux groupes " déviants ". Susan Sontag
dénonce ce catastrophisme et propose une réflexion extraordinaire d'intelligence
et de culture historique, littéraire, philosophique, sur la propension qu'a
l'homme à s'emparer d'une maladie pour y greffer les métaphores les moins
innocentes. Deux essais complémentaires et éclairants sur les métaphores de la
maladie, de l'épidémie, et sur les poids et la puissance des mots.