Qui parle dans les poèmes de Fabio Pusterla ? La parole divague et nous voici à
écouter l’eau, le feu, les oiseaux, les arbres, les migrants, toute la nature et
l’humanité blessées. La poésie mêle les voix, les rend indistinctes, d’un seul
courant – comme l’eau.
L’eau, justement, s’écoule avec violence au cœur de La Splendeur. Le poète est
contemporain du déluge qui s’annonce. Alors il cherche, il fouille sa langue
pour retrouver ce qui fait lien. Et il parvient à nommer cette « ligne qui relie
» : « une ligne idéale qui part peut-être de toi ».
La Splendeur, traduit avec précision et ferveur par Jean-Simon Mandeau, redonne
voix à la Terre, à toutes les réalités qui y coexistent, sans distinction, sans
hiérarchie. Métamorphosant le poème en « une très petite flamme / nue qui
s’embrase dans le peu qu’elle a ».