S'il est une question qui parcourt comme un fil rouge toute l'oeuvre d'Augustin,
c'est celle du bonheur, ou plutôt du désir de bonheur. De ses premiers essais
philosophiques, lorsqu'il n'est encore qu'un jeune et brillant professeur de
rhétorique à Milan, à ses sermons d'évêque, et à ses Confessions", il ne cesse
de revenir sur ce qui lui paraît comme le paradoxe central de la vie des hommes
: le bonheur réside dans l'accomplissement du désir, or la vie toujours menacée
de mort court à chaque instant le risque de sa perte. Hannah Arendt, dans son
travail de jeunesse sur «Le Concept d'amour chez Augustin», avait bien montré
que la recherche de la vie heureuse est au coeur de l'oeuvre d'Augustin et fonde
jusqu'à sa conception du divin, car "pour pouvoir attendre de l'avenir la vie
heureuse du