Le château de l’âme « Celui qui m’a ordonné cet écrit m’a dit que les Sœurs de
nos monastères de Notre-Dame du Mont-Carmel ont besoin qu’on leur explique
certaines difficultés relatives à l’oraison ; il a pensé qu’elles comprendraient
mieux le langage d’une femme, et que, vu leur amour pour moi, mes paroles leur
seraient plus efficaces que d’autres ; il est persuadé que cet écrit aura
quelque importance pour elles, si je réussis dans mon exposé. Voilà pourquoi
c’est à elles que je l’adresse […]. Notre-Seigneur me fera une grande grâce si
quelqu’une de mes filles en retire profit pour le louer un petit peu plus, et Sa
Majesté sait bien que tel est mon unique désir. Il est très clair, en outre,
que, dans le cas où je réussirais à dire quelque chose de bon, elles
comprendront que cela ne vient pas de moi ; […] sans cela elles n’auraient pas
plus d’intelligence que moi-même je n’ai d’aptitude pour de tels sujets, à moins
que le Seigneur dans sa miséricorde ne daigne me l’accorder. » Traduit de
l’espagnol par le Père Grégoire de Saint Joseph