Une enfance de l'après-guerre, dans une famille de survivants qui croyaient en
l'école. Un goût pour la littérature comme moyen d'accès privilégié à tout le
reste, à l'art, aux paysages, à la France, aux animaux. Une identité juive
inquiète, faite de fidélité aux parents et aux morts, mais dans laquelle le ciel
est vide. Que reste-t-il de tout cela quand en France désormais la littérature
s'efface, et quand la situation en Israël est un tourment quotidien ? Comment
tenir, coûte que coûte, la ligne de crête ? "Pour la première fois de notre
histoire, nous devons faire face à la haine sans avoir la consolation de
l'innocence. C'est cela le coeur lourd." Au fil d'une conversation avec Vincent
Trémolet de Villers, Alain Finkielkraut offre ce qui est peut-être son livre le
plus personnel.