Autrefois belliqueux, le tzar Dadone souhaite désormais vivre en paix. Mais ses
ennemis de toujours ne l’entendent pas ainsi. C’est alors qu’un vieux sage offre
au tzar un coq d’or. Si un danger survient, le coq s’agitera et indiquera, du
haut de son perchoir, d’où provient la menace. En gage de remerciement, le tzar
promet au sage, le moment venu, d’exaucer son vœu…
Ainsi commence le dernier des contes en vers écrits par Pouchkine entre 1830 et
1834, monuments de la littérature russe. Mais que l’on ne s’y trompe pas : ce
conte, loin d'être inoffensif, se heurta à la censure tout comme, plus tard, son
adaptation à l’opéra par Rimski-Korsakov. Car il est bien question ici des
illusions d’un tyran. “Un conte est mensonge, mais contient avis : aux beaux
damoiseaux, une leçon !”