Lorsqu'il reçoit, de la part d'une énigmatique fondation, une invitation à se
rendre en Estrémadure afin d'écrire sur cette région en plein essor, l'ancien
professeur de philosophie est persuadé qu'il s'agit d'une erreur. Pourquoi
s'adresserait-on à lui, qui a renoncé à la pensée et à l'enseignement depuis des
années ? Qui plus est pour aller dans cette région reculée d'Espagne ? C'est
pourtant le récit de ce voyage (qu'il a donc effectué) et de l'enquête autour du
dernier loup dans laquelle il s'est trouvé plongé, qu'il relate dans un bar
berlinois...
Le Dernier Loup est certainement la première novella où Krasznahorkai déploie
une phrase unique sur un si grand nombre de pages. Au-delà de l'impressionnante
prouesse stylistique, cette phrase tout en circularités temporelles sert une
réflexion subtile sur les liens entre l'homme et la nature, opérant dans le même
temps une véritable entreprise d'envoûtement du lecteur qui se retrouve happé
par ce récit, ne pouvant s'en extraire qu'au point final.