Cet essai analyse, à partir du cas martiniquais, les forces à l'oeuvre dans les
cultures antillaises. Système des plantations ; peuplement pyramidal : africains
et hindous à la base, européens au sommet ; phénomène culturel de créolisation ;
langues de compromis : dans les Antilles francophones, le créole ; syncrétisme
des civilisations ; insularité. Le discours antillais porte la marque de ces
traits de culture. Il s'efforce vers leur élucidation. Il débouche peut-être sur
un langage nouveau. Il confronte en tout cas, dans sa partie créolophone, les
dangers du passage de l'oral à l'écrit. Ces dangers sont exacerbés dans un pays
comme la Martinique, où les puissances de la politique d'assimilation sont à
l'oeuvre. Ce qui se joue là, c'est, dans le cadre moderne des "contacts de
civilisation", la possibilité pour une communauté de bâtir une culture
"composite", éloignée à la fois des renoncements faciles et des replis
stérilisants. On débouche alors sur une Poétique de la Relation mondiale dont,
par-delà les terrifiants avatars de l'histoire contemporaine, les Antilles
porteraient en elles la promesse, une des promesses parmi d'autres. Ce livre est
donc de littérature, et de politique : de sciences humaines.