Paru en 1657, Le Pèlerin chérubinique est un ensemble de poèmes, véritable guide
vers la contemplation d’un Dieu caché au-delà du langage.
Œuvre maîtresse d’un jeune homme âgé de trente-trois à sa parution, c’est le
reflet d’une quête intense, entre réflexion métaphysique, spéculation mystique
et incandescence poétique. En cherchant à dérouter le lecteur par des
retournements incessants pour mieux le faire accéder à sa propre intériorité, il
rejoint d’autres traditions mystiques, notamment orientales. Angelus Silesius
touche ainsi aux limites du langage, au néant, voire à l’absence de Dieu. Car si
l'on ne peut parler de Dieu, il faut emprunter un chemin paradoxal et
contradictoire : “Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher
Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours.”