L'ensemble des textes de ce recueil a paru pour la première fois dans des revues
entre 1910 et 1914. Poursuivant le thème de l'antinaturalisme qui a fait sa
renommée et l'a démarqué singulièrement, Tanizaki met en scène des héros doués
d'une certaine perversion dans un climat onirique. Les jeunes garçons est marqué
par une liberté de ton et peut être perçu comme une illustration ludique de
perversions majeures. L'auteur poursuit cette exploration d'une sexualité en
marge dans Le secret et met en scène avec beaucoup de poésie un narrateur las de
ses plaisirs, à la recherche de nouvelles expériences. Terreur, que l'on peut
lire dans le prolongement des Jeunes garçons, relate ses souffrances intérieures
et ce qu'il appelle sa "dépression nerveuse". Ce motif psychologique, qu'il va
revisiter plusieurs fois, illustre de façons différentes La haine et Une mort
dorée et accompagne sa recherche de l'idéal esthétique. Tanizaki crée une oeuvre
inimitable dans son harmonie, et véritablement emblématique de la position de
l'intellectuel japonais du XXᵉ siècle.