Le Vrai Classique du vide parfait est un des textes les plus importants du
taoïsme. Moins galvaudé que le Tao-tö king, il n'avait jamais été traduit en
français depuis le Père Wieger au début du XXᵉ siècle. La présente traduction
est due à B. Grynpas.De Lie-tseu on sait peu de choses, encore que Tchouang-tseu
le considère comme une personne et non un mythe. Il naquit vraisemblablement
vers 450 avant l'ère chrétienne ; on ne sait rien de sa mort. Il subsistait,
paraît-il, grâce aux dons de ses disciples.D'après la diversité des thèmes que
l'on trouve en cet ouvrage, on peut induire qu'il s'agit d'une chrestomatie
édifiante, moins évidemment taoïste toutefois dans son esprit que le
Tchouang-tseu. Le taoïsme dont il s'agit là paraît plus populaire, moins hostile
à Confucius, mais aussi étonnamment chargé de récits de magie. Rien de
surprenant car le taoïsme contient toutes sortes de composantes, dont la
sorcellerie la plus naïve et la métaphysique la plus raffinée. Par sa
complexité, son caractère combatif, ce grand texte taoïste témoigne de
l'effervescence intellectuelle dans la Chine d'il y a plus de deux mille cinq
cents ans.