Les corps caverneux (LansKine, septembre 2021) constituent un récit poétique
construit en sept séquences. Le titre fait allusion au désir sexuel dont la
force insurrectionnelle se manifeste dans le livre notamment à la séquence «
désir de nuages « et « les corps cav «. Néanmoins, derrière l’allusion à nos
anatomies désirantes, les « corps caverneux « désignent ici, avant tout, les
cavernes en nous par analogie avec les cavernes préhistoriques : les corps
caverneux sont donc ces espaces vides, ces trous ou ces failles, que nous avons
tous en commun et que notre société de consommation tente de combler par tous
les moyens : achats, faits divers etc. Il ne s’agit pas de cabanes, de lieux
précaires et provisoires à habiter hors de nous, mais d’espaces solides et
intimes à défendre avant que d’aller lutter à l’extérieur. Dans chacune des
séquences est évoquée une nouvelle attaque contre ces espaces intimes de
respiration et de liberté, en réaction à laquelle une musique émerge, une
musique de nos cavernes, qui nous permet de nous cabrer et de rester vigilants.