"Dans un poème, où est-on ? On est sur un territoire qui a recueilli les traces
d'un événement. J'aime à penser qu'un poème est comme un événement naturel.
L'événement que provoque une force naturelle. Un orage, par exemple. Un orage
verbal. Cet orage verbal laisse des traces qui sont les vers du poème. Mais
quand le lecteur prend le poème, c'est lui qui devient le territoire de
l'événement verbal. Un événement dont sa lecture provoque la répétition, mais
pas à l'identique, bien sûr. Le poème est une sorte d'événement informel."