Ici, c'est un homme qui est habité par une jeune fille, venue de la misère du
Nord-Est brésilien, à Rio, où elle mourra. « Je jure que ce livre est écrit sans
mots. C'est une photographie muette. Ce livre est un silence. Ce livre est une
question », écrit-il. Et il est tout occupé d'elle : écrire sa vie, sa mort doit
le délivrer, lui qui a échappé au sort sans futur qu'elle subit. Il l'aime,
comme on aime ce qu'on a craint de devenir... S'il avoue être le personnage le
plus important des sept que comporte son histoire, il ne dit rien de celui dont
la présence s'impose progressivement dans ces pages ; la mort qui efface le feu
scintillant et fugace de L'Heure de l'étoile, l'heure à laquelle celle qui meurt
devient, pour un instant, l'étoile de sa propre vie, désormais réalisée.