Pourquoi, malgré des intentions parfois sincères et orientées vers le bien-être
de leurs populations, les États modernes les ont-ils si souvent malmenées, voire
meurtries ? Pourquoi, malgré les moyens colossaux mis en œuvre, les grands
projets de développement ont-ils si tragiquement échoué et abîmé l'environnement
? Dans cette étude foisonnante, James Scott démonte les logiques bureaucratiques
et scientiffiques au fondement de ces projets " haut-modernistes ", poussant à
toujours plus de lisibilité et de contrôle sur la nature et les sociétés
humaines.À partir d'une large palette d'études de cas allant de la foresterie
scientifique à la création des premiers recensements et des noms propres, de la
doctrine révolutionnaire de Lénine à la collectivisation de l'agriculture
soviétique, Scott dénonce ces entreprises de planification autoritaire qui
finissent par appauvrir et par étouffer le monde physique et social.À l'encontre
de ces approches abstraites, centralisées et surplombantes, ce livre défend le
rôle de formes de savoirs situés plus modestes, étroitement liées à l'expérience
pratique et davantage capables d'adaptation au gré des circonstances.