Créé en 2024, puis repris en réouverture de saison 2026 en septembre au Théâtre
National de Bruxelles, « Maison Chaos » est un poème dramatique percutant.
Une femme parle, qu’on n’interrompt pas. Elle lit une longue lettre à elle-même
et à ses sœurs. Cette lettre déploie cent ans de violences sexuelles, comme
poutres et charpentes d’une maison qui emprisonne, et dont on tente de
s’échapper.
Ce texte d’une intensité forte et d’une intimité politique saisissante dit ces
maisons qui abritent des enfances et des violences indicibles, dit les
traumatismes transmis, tus et hérités sans bruit, les cicatrices aujourd’hui
d’un corps-âme silencié. Dit la force de survie qu’il faut pour déboulonner les
statues, et faire tomber les privilèges
Joëlle Sambi dit de sa parole « qu’elle n’a de force que parce qu’elle
s’agglomère à celle des autres » et s’inscrit dans le sillage des poétesses, qui
questionnent la normativité esthétique tout autant que politique, notamment
Sarah Kane ou Kae Tempest.
Poème d’insurrection poétique, Maison Chaos interroge les violences
institutionnelles, le racisme, la lesbophobie, dans une réception commune des
héritages postcoloniaux et patriarcaux.